Éphéméride originelle

Aujourd’hui

Le jour où l’équilibre comprend qu’on n’a pas besoin de porter demain pour profiter d’aujourd’hui

22e jour du 3e mois originel

Date civileJour originelJour 22LuneLune de l’ÉquilibreTotemL’Horizon
Le soleil à l’horizon au-dessus de la mer sous un ciel nuageux aux couleurs orangées

Je me rends compte qu’on peut parfois être physiquement quelque part sans vraiment y être. Nous sommes à table avec quelqu’un, mais nous pensons déjà à ce qu’il faudra faire ensuite. Nous profitons d’une promenade tout en organisant mentalement la semaine à venir. Nous nous accordons un moment de repos, mais notre esprit continue à dresser la liste des choses qui nous attendent.

Et le plus étrange, c’est que nous pouvons faire cela même lorsque rien ne nous oblige à nous préoccuper immédiatement de la suite.

Nous sommes dimanche, par exemple, et nous commençons déjà à vivre le lundi. Nous pensons aux rendez-vous, aux messages auxquels il faudra répondre, aux tâches inachevées ou aux problèmes qui pourraient apparaître. Nous avons peut-être toute une journée devant nous, mais une partie est déjà occupée par quelque chose qui n’a pas encore commencé.

Alors je me pose une question assez simple : à quoi sert de nous accorder du temps si nous continuons à le remplir mentalement avec ce qui viendra après ?

Voilà le vingt-deuxième seuil de la Lune de l’Équilibre : apprendre à préparer l’avenir sans lui donner tellement de place qu’il finit par nous empêcher d’habiter le présent.


Totem du jour : L’Horizon

J’aime bien l’image de l’Horizon parce qu’il est toujours devant nous, mais qu’il n’a pas besoin d’occuper tout notre regard.

Lorsque nous marchons au bord de la mer, nous pouvons regarder au loin pour nous orienter. Pourtant, si nous gardons constamment les yeux fixés sur cette ligne, nous risquons de ne plus voir la lumière sur l’eau, les mouvements du sable, les personnes qui nous accompagnent ou simplement le chemin sous nos pieds.

L’Horizon représente aujourd’hui la direction, la perspective et la juste distance avec l’avenir. Il nous rappelle que nous avons besoin de savoir où nous allons, mais pas de vivre mentalement en permanence à l’endroit où nous ne sommes pas encore arrivés.

Et il possède une particularité intéressante : plus nous avançons vers lui, plus il se déplace. Sa fonction n’est pas d’être une destination, mais de nous aider à nous orienter.


Nous pouvons être fatigués par des choses qui n’existent pas encore

Il nous arrive de commencer à ressentir aujourd’hui la fatigue d’une journée que nous vivrons demain. Nous imaginons une conversation difficile, un rendez-vous important ou une semaine chargée, puis nous anticipons les problèmes possibles et répétons mentalement ce que nous pourrions dire ou faire.

Cette capacité est utile lorsqu’elle nous permet de préparer quelque chose. Mais elle devient beaucoup moins nécessaire lorsque nous recommençons sans cesse à réfléchir à une situation pour laquelle nous avons déjà fait ce qui devait l’être.

À ce moment-là, nous ne préparons plus vraiment l’avenir. Nous le rejouons mentalement en attendant qu’il arrive.

Et nous pouvons finir par vivre deux fois une difficulté : une première fois dans notre imagination, puis une seconde lorsqu’elle se présente réellement, parfois d’une manière très différente de ce que nous avions prévu.


Je le vois très bien dans ma manière de fonctionner

Lorsque j’ai plusieurs choses en cours, j’aime savoir où j’en suis. J’organise, je prévois les prochaines étapes et je cherche naturellement à garder une vision d’ensemble. C’est utile lorsqu’on construit un projet avec plusieurs dimensions qui doivent avancer ensemble.

Mais il est très facile de continuer à organiser mentalement même lorsque le travail est terminé pour la journée.

Je peux fermer l’ordinateur et continuer à réfléchir à une amélioration du site, à une publication future ou à quelque chose qu’il faudra vérifier. Une idée en entraîne une autre et, sans m’en rendre compte, je suis encore en train de travailler alors que je pensais avoir arrêté.

Ce n’est pas forcément désagréable, puisque j’aime profondément ce que je construis. Mais aimer quelque chose ne signifie pas devoir lui donner chaque minute disponible.

Je peux savoir qu’une tâche m’attend demain sans être obligé de commencer à la porter aujourd’hui.


Préparer n’est pas la même chose que se préoccuper

Préparer consiste à accomplir quelque chose qui facilite réellement la suite : vérifier un horaire, noter une tâche, organiser un déplacement ou rassembler les informations nécessaires.

Se préoccuper, en revanche, peut devenir une activité sans fin. Nous repensons au rendez-vous alors que tout est prêt, imaginons plusieurs réactions possibles ou vérifions une nouvelle fois ce qui n’a pas changé depuis la précédente vérification.

L’une de ces activités produit une action concrète. L’autre entretient parfois simplement l’impression que nous devons rester vigilants.

Alors, lorsque quelque chose revient constamment dans mon esprit, je peux me demander : « Est-ce qu’il me reste réellement quelque chose à faire maintenant ? »

Si oui, je peux le faire ou le noter pour le moment approprié. Si non, peut-être que cette pensée n’a plus besoin d’occuper autant de place aujourd’hui.


Le repos n’est pas une récompense

Nous imaginons parfois que la joie, le plaisir ou la légèreté doivent arriver après la résolution des difficultés. Lorsque nous irons mieux, nous sortirons davantage. Lorsque nous serons moins préoccupés, nous profiterons. Lorsque tout sera stabilisé, nous prendrons enfin du temps pour nous.

Mais dans une vie ordinaire, il reste presque toujours quelque chose à faire : une facture à régler, une conversation à avoir, un projet à terminer ou une décision en suspens.

Si nous attendons que tout soit parfaitement réglé pour profiter de ce qui existe, nous risquons d’attendre très longtemps.

Nous pouvons être responsables et nous accorder une belle journée, traverser une période compliquée et rire sincèrement pendant un repas, avoir des questions importantes en suspens et apprécier une promenade sans chercher à les résoudre en marchant.

Le plaisir n’a pas besoin d’être la récompense d’une vie entièrement maîtrisée. Il fait aussi partie de ce qui nous permet de la traverser.


Nous n’avons pas besoin d’oublier l’avenir

Évidemment, vivre le présent ne signifie pas ne plus rien prévoir, repousser les décisions nécessaires ou ignorer les conséquences de nos choix.

Certaines choses doivent être préparées et des engagements demandent de l’organisation. Mais nous pouvons leur donner une place précise plutôt que de les laisser occuper toute notre journée.

Prévoir une demi-heure pour organiser la semaine peut être utile. Passer tout le dimanche à y penser sans rien décider de plus ne l’est pas forcément.

Un plan reste un outil pour avancer, pas une obligation de vivre mentalement tout ce qui pourrait arriver.

Et parfois, les moments les plus simples sont précisément ceux que nous manquons lorsque nous sommes trop occupés à préparer la suite : un café le matin, une discussion, un repas préparé ensemble, une promenade ou quelques minutes à regarder le paysage.

Ce ne sont pas nécessairement de grandes expériences, mais elles constituent une partie essentielle de notre vie.


Sur la scène collective

Notre société entretient un rapport particulier à l’avenir. Nous sommes constamment invités à anticiper notre carrière, notre retraite, notre sécurité financière, les évolutions technologiques et les crises possibles.

Une partie de cette anticipation est nécessaire. Mais l’accumulation permanente de prévisions, d’alertes et de scénarios peut aussi nous donner l’impression que le présent n’est qu’une période de préparation à une difficulté future.

Nous finissons parfois par vivre dans une succession de lendemains à sécuriser.

Or une société ne peut pas uniquement chercher à éviter ce qui pourrait mal se passer. Elle doit aussi permettre aux personnes de vivre quelque chose de suffisamment humain, agréable et significatif aujourd’hui.

Préparer l’avenir est important, mais encore faut-il préserver ce pour quoi nous souhaitons justement le préparer.


Message du jour

« Aujourd’hui, observe les moments où ton esprit quitte ce que tu es en train de vivre pour rejoindre quelque chose qui n’a pas encore commencé.

Demande-toi si cette pensée appelle réellement une action maintenant ou si tu es simplement en train d’anticiper une situation future.

Si quelque chose doit être préparé, fais-le avec attention. Mais si tu as déjà fait ta part, autorise-toi à revenir à ce qui existe autour de toi.

Tu peux avoir des projets sans passer toute ta journée dans leur avenir, des responsabilités sans les porter mentalement à chaque instant et des inquiétudes sans leur donner toute la place.

Souviens-toi : demain aura besoin de ta présence lorsqu’il arrivera, mais aujourd’hui en a déjà besoin. »


Rituel du jour : « Laisser demain à demain »

Prends quelques minutes pour noter ce qui occupe ton esprit concernant les prochains jours. Distingue ce qui demande une action aujourd’hui de ce qui pourra être traité au moment venu.

Si une préparation est nécessaire, accomplis-la ou prévois un moment précis pour t’en occuper.

Puis choisis une activité simple que tu apprécies et accorde-lui une vraie place dans ta journée : une promenade, un repas, une lecture, un jeu ou une conversation.

Le but n’est pas de faire disparaître toutes tes pensées, mais de retrouver la possibilité de vivre quelque chose sans devoir constamment préparer ce qui suivra.


Mantra du jour

« Je prépare demain lorsque c’est nécessaire, mais je garde suffisamment de présence pour vivre pleinement ce qui existe aujourd’hui. »


Je crois que cette journée vient finalement me rappeler une chose assez simple : nous pouvons passer une grande partie de notre existence à organiser ce qui vient ensuite sans remarquer que nous sommes déjà en train de vivre quelque chose.

Nous voulons préparer l’avenir pour être plus tranquilles, mais nous pouvons finir par ne jamais nous accorder cette tranquillité, puisque notre esprit trouve toujours une nouvelle chose à anticiper.

Et je connais bien cette tendance, surtout lorsque plusieurs projets avancent en même temps et que chaque idée ouvre naturellement une nouvelle possibilité.

Mais je peux aussi apprendre à considérer qu’une journée n’a pas besoin de contenir toute la semaine à venir.

Je peux avoir une direction sans regarder constamment l’Horizon, savoir qu’un travail m’attend sans commencer à le faire mentalement pendant un repas et prendre soin de ce que je construis tout en laissant une place réelle à ce qui n’a aucun objectif particulier.

Parce qu’au fond, à quoi servirait de construire une vie plus libre, plus équilibrée et plus consciente si nous étions constamment trop occupés à la préparer pour avoir le temps de la vivre ?

Alors aujourd’hui, je peux regarder ce qui m’entoure, profiter d’une conversation, marcher sans chercher à résoudre quelque chose et accepter que certaines questions attendent demain.

L’Horizon restera là lorsque je lèverai les yeux, et je n’ai pas besoin de le surveiller constamment pour continuer à avancer dans sa direction.

Peut-être que l’équilibre consiste aussi à cela : savoir où nous allons, sans oublier d’être là où nous sommes.

Transmission

Partager cette transmission

Cette publication vous a parlé ? Vous pouvez la transmettre à votre tour.

Partager sur Facebook

Commentaires (0)

Aucun commentaire pour le moment.

Connectez-vous pour participer aux commentaires.

Un fil pour votre prochaine lecture

Choisissez parmi les trois chemins gratuits et le chemin Premium.

Choisir mon parcours