Éphéméride originelle

Aujourd’hui

Pourquoi les absents restent-ils si présents ?

14e jour du 4e mois originel

Date civileJour originelJour 14LuneLune des ProfondeursTotemLe Chrysanthème
Un calendrier du 31 octobre 2026 accompagné d’une carte illustrée et de chrysanthèmes dans une ambiance automnale

Il y a quelque chose d’assez particulier dans cette période de l’année. Ce soir, certains enfants vont se déguiser en fantômes, en sorcières ou en créatures toutes plus étranges les unes que les autres, pendant que les adultes distribueront des bonbons en essayant parfois de se faire aussi peur qu’eux. Et demain, beaucoup de familles se retrouveront dans les cimetières pour déposer des fleurs sur les tombes de leurs proches.

Deux manières très différentes d’aborder finalement une même question : notre relation avec la mort et avec ceux qui ne sont plus physiquement parmi nous.

Je trouve d’ailleurs assez curieux que nous soyons capables de plaisanter avec des représentations de la mort pendant Halloween, alors que nous avons parfois énormément de mal à en parler lorsqu’elle touche réellement notre existence.

Il suffit qu’une personne perde quelqu’un qu’elle aime pour que notre manière de communiquer change. Nous cherchons les bons mots, nous avons peur de raviver sa peine, nous hésitons à prononcer le prénom du disparu. Alors, avec les meilleures intentions du monde, nous finissons parfois par ne plus en parler du tout.

Pourtant, ce n’est pas parce qu’une personne n’est plus présente que nous avons cessé de penser à elle.

Ces personnes qui continuent de vivre dans notre quotidien

Nous avons tous connu cette sensation étrange de retrouver quelqu’un à travers un détail auquel nous ne nous attendions pas. Une expression que nous utilisons sans même nous rendre compte qu’elle venait de notre grand-mère, une recette que nous préparons exactement comme notre père, une chanson qui nous rappelle immédiatement une personne disparue.

Parfois, nous entendons même quelqu’un rire et nous retrouvons pendant une seconde le rire d’une personne que nous pensions ne plus jamais entendre.

Et cela peut nous faire sourire autant que nous émouvoir.

Je crois que nous avons tendance à imaginer la présence et l’absence comme deux états complètement opposés. Soit quelqu’un est là, soit il ne l’est plus. Pourtant, dans notre expérience intérieure, les choses sont rarement aussi simples.

Une personne peut ne plus partager notre quotidien et continuer malgré tout d’influencer notre manière de penser, nos habitudes, nos choix ou certaines de nos réactions. Nous pouvons même comprendre des années après sa disparition quelque chose qu’elle essayait de nous expliquer lorsqu’elle était encore là.

Cela ne remplace évidemment pas sa présence physique. Nous aimerions parfois simplement pouvoir lui parler, entendre sa voix ou partager encore un repas avec elle.

Mais cela montre que la relation ne disparaît pas nécessairement au même moment que le corps.

Et si la mort était aussi un changement de perspective ?

Avec cette Lune des Profondeurs, nous explorons ce qui existe derrière les apparences et ce que notre perception habituelle ne nous permet pas toujours de comprendre.

La mort fait partie de ces expériences que nous observons depuis l’extérieur, mais dont nous ne connaissons pas directement toute la réalité.

Nous pouvons étudier ce qui se produit dans le corps, observer les transformations de la matière et comprendre une partie des mécanismes biologiques. Mais lorsqu’il s’agit de la conscience elle-même, de ce qu’elle est réellement et de ce qui pourrait exister au-delà de l’expérience physique, nos connaissances laissent encore beaucoup de questions ouvertes.

Dans ma manière de voir les choses, la conscience ne se limite pas à notre corps matériel. Je considère l’incarnation comme une expérience particulière de l’être, et la mort comme un changement dans sa manière d’expérimenter l’existence, plutôt que comme la disparition de tout ce qu’il est.

Cette compréhension spirituelle ne constitue pas une preuve de ce qui se passe après la mort. Elle m’amène surtout à regarder notre existence autrement.

Nous sommes tellement habitués à nous identifier à notre apparence, à notre âge, à notre histoire et à notre personnalité que nous finissons parfois par oublier que tout cela évolue constamment. Nous ne sommes déjà plus exactement la personne que nous étions vingt ans auparavant, et pourtant, nous conservons ce sentiment d’être nous-mêmes à travers toutes ces transformations.

Alors, qu’est-ce qui constitue réellement cette continuité intérieure ?

Je trouve que cette question mérite d’être explorée sans avoir besoin de prétendre que nous possédons toutes les réponses.

La nature ne connaît pas seulement les fins

Cette période de l’année nous offre aussi une image assez parlante. Les arbres perdent leurs feuilles, certaines plantes disparaissent de la surface du sol et les journées deviennent plus courtes. Nous voyons la nature entrer dans une phase où beaucoup de choses semblent s’arrêter.

Pourtant, sous la terre, les transformations continuent. Les feuilles tombées participent à la formation de nouveaux sols, les organismes poursuivent leurs échanges et les graines attendent parfois des conditions plus favorables.

La vie change de forme, de rythme et d’expression.

Cela ne signifie pas que nous pouvons comparer directement la mort humaine au cycle d’une plante, ni que le retour du printemps prouverait une quelconque réincarnation. Mais cette observation nous montre combien notre perception est limitée lorsque nous jugeons une transformation uniquement à partir de ce qui reste visible.

Et peut-être pouvons-nous aussi accueillir nos interrogations sur la mort avec davantage d’ouverture, sans chercher à les enfermer dans une seule explication.

Totem du jour : Le Chrysanthème

Le chrysanthème est devenu, dans notre culture, une fleur très associée au souvenir des défunts. Pourtant, il ne représente pas uniquement la mort. Il fleurit à une période où beaucoup d’autres plantes ont terminé leur cycle, apportant encore de la couleur lorsque les journées commencent à raccourcir.

Il symbolise ici cette relation particulière entre l’absence et la présence. Une fleur déposée sur une tombe ne change pas ce qui s’est passé, mais elle donne une forme visible à un lien qui continue d’exister dans la mémoire et dans le cœur de ceux qui restent.

Vibration énergétique du jour : La Continuité

En ce 14ᵉ jour de la Lune des Profondeurs, la vibration symbolique que je retiens est celle du lien entre les différentes formes de présence. Nous arrivons au milieu de cette Lune, après avoir exploré les souvenirs, les perceptions, les rêves et les mémoires. Aujourd’hui, nous pouvons nous demander ce qui demeure lorsqu’une forme de notre existence disparaît ou se transforme.

Cette journée nous invite à considérer la mort sans oublier la vie, et à reconnaître ce que les personnes que nous avons rencontrées continuent de faire exister en nous.

Message du jour

Nous n’avons pas besoin d’oublier quelqu’un pour continuer à vivre. Nous pouvons avancer, rire, découvrir de nouvelles choses et conserver une place pour ceux qui ont partagé notre histoire.

Rituel du jour

Si tu en ressens l’envie, prends un moment pour penser à une personne qui n’est plus là. Plutôt que de te concentrer uniquement sur son absence, retrouve un souvenir agréable, une anecdote ou une petite habitude qui te fait encore sourire. Tu peux aussi le partager avec quelqu’un qui l’a connue, si cela te fait du bien.

Mantra du jour

« Je continue mon chemin sans effacer ceux qui ont participé à mon histoire. »

Et toi, est-ce que dans ta famille vous parlez encore naturellement des personnes qui sont parties, en racontant leurs histoires et leurs petites habitudes, ou est-ce un sujet que vous avez plutôt tendance à éviter ?

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