Éphéméride originelle

Aujourd’hui

Peut-on aimer quelqu’un sans en garder un souvenir parfait ?

16e jour du 4e mois originel

Date civileJour originelJour 16LuneLune des ProfondeursTotemLe Portrait
Un calendrier du 2 novembre accompagné d’une carte illustrée de deux portraits, d’une bougie et de feuilles d’automne

Aujourd’hui, 2 novembre, c’est la journée consacrée à la commémoration des défunts dans la tradition catholique. Après Halloween et la Toussaint, nous arrivons au troisième jour de cette période où notre relation avec la mort, les souvenirs et ceux qui nous ont précédés prend une place particulière.

Hier, nous avons parlé des rituels et de ces gestes que nous répétons pour donner une place à ce qui compte dans notre existence. Aujourd’hui, j’aimerais aborder quelque chose d’un peu différent, dont nous ne parlons pas toujours facilement.

Pourquoi avons-nous tendance à ne conserver que les belles qualités des personnes lorsqu’elles ne sont plus là ?

Il suffit parfois d’assister à une conversation familiale pour le remarquer. Nous évoquons un grand-parent disparu, un ancien ami ou quelqu’un qui a beaucoup compté, et les souvenirs deviennent rapidement très élogieux. Cette personne était généreuse, courageuse, attentionnée, toujours présente pour les autres.

Et pourtant, si nous avions posé la question quelques années auparavant, nous aurions probablement entendu quelques anecdotes supplémentaires sur son mauvais caractère, ses petites manies ou sa façon parfois assez agaçante de vouloir toujours avoir raison.

Ce qui me fait sourire, c’est que ces défauts faisaient aussi partie de ce qui rendait cette personne reconnaissable.

Alors pourquoi faudrait-il les effacer une fois qu’elle est partie ?

Une personne ne se résume pas à ses plus beaux souvenirs

Je crois que nous avons parfois du mal à accepter qu’une personne puisse avoir été à la fois aimante et maladroite, généreuse et autoritaire, drôle et particulièrement pénible certains jours.

Nous préférons conserver une image rassurante, comme si reconnaître ses imperfections risquait d’abîmer l’amour ou le respect que nous lui portons encore.

Pourtant, lorsque nous aimons quelqu’un de son vivant, nous ne l’aimons généralement pas parce qu’il est parfait. Nous connaissons ses habitudes, ses contradictions, ses réactions parfois incompréhensibles. Nous pouvons nous disputer avec lui, lui en vouloir, puis partager un excellent moment quelques heures plus tard.

Pourquoi cette complexité devrait-elle disparaître avec la mort ?

Il existe aussi des histoires beaucoup plus difficiles. Certaines personnes ont perdu un parent avec lequel les relations étaient compliquées, parfois même douloureuses. Elles peuvent ressentir de la tristesse, du soulagement, de la colère ou plusieurs de ces émotions en même temps.

Et il me semble important de reconnaître que le souvenir d’un défunt n’est pas nécessairement heureux pour tout le monde.

Nous n’avons pas tous vécu les mêmes relations, ni reçu le même amour, et personne ne devrait se sentir obligé d’inventer de beaux souvenirs pour correspondre à ce que les autres attendent de lui.

Et si notre mémoire ne conservait qu’une partie de l’histoire ?

Avec cette Lune des Profondeurs, nous explorons beaucoup la relation entre notre conscience, nos perceptions et les différentes mémoires qui participent à notre identité.

Je me demande parfois ce que nous conservons réellement d’une personne lorsque nous nous souvenons d’elle.

Nous croyons retrouver son histoire, alors que nous retrouvons surtout notre expérience de cette histoire. Un frère, une sœur, un enfant et un conjoint peuvent avoir connu la même personne pendant des décennies et en garder des souvenirs très différents.

Aucun ne possède nécessairement toute la vérité sur ce qu’elle était.

C’est un peu comme si chacun conservait une photographie prise depuis un endroit particulier. Nous pouvons reconnaître la personne sur chaque image, mais aucune photographie ne nous montre tout ce qui existait autour d’elle au moment où elle a été prise.

Et cette idée rejoint aussi ma manière de comprendre la conscience.

Dans la Vibrosophie originelle, l’incarnation représente une expérience particulière de l’être. Nous traversons une existence avec une personnalité, un corps, des croyances, des peurs et toute une histoire qui se construit au fil des années.

Mais si la conscience dépasse cette seule expérience matérielle, alors ce que nous connaissons d’une personne ne représenterait qu’une partie de ce qu’elle est réellement.

Cela ne signifie pas que ses comportements n’auraient aucune importance, ni que nous devrions tout excuser au nom d’une évolution spirituelle. Nos actes ont des conséquences sur les autres, et certaines blessures peuvent continuer longtemps après la disparition de celui qui les a provoquées.

Mais cette façon de regarder l’incarnation nous permet peut-être de distinguer l’être de l’ensemble des rôles, des réactions et des difficultés qu’il a traversés pendant sa vie.

Peut-on continuer à aimer sans réécrire le passé ?

Je trouve qu’il y a quelque chose de plus humain dans le fait de pouvoir raconter une personne telle qu’elle était, avec ses qualités et ses défauts, plutôt que de la transformer progressivement en personnage irréprochable.

Nous pouvons rire en nous souvenant de ses manies, reconnaître certaines erreurs, parler de ce qui nous a blessés et conserver malgré tout beaucoup d’affection pour elle.

Et lorsque les relations ont été trop douloureuses, nous pouvons aussi choisir de garder nos distances avec ces souvenirs. La mort de quelqu’un ne nous oblige pas à lui pardonner, pas davantage qu’elle n’efface ce que nous avons vécu.

Après tout, nous aimerions probablement que ceux qui parleront de nous un jour se souviennent aussi de nos plaisanteries ratées, de nos habitudes un peu ridicules et de nos contradictions, plutôt que de raconter une version tellement parfaite de notre existence que nous aurions nous-mêmes du mal à nous reconnaître.

Ce qui compte, ce n’est peut-être pas de conserver une belle image à tout prix, mais de permettre à une histoire humaine de rester humaine.

Totem du jour : Le Portrait

Un portrait montre une personne à un instant particulier, sous un certain angle et avec une expression choisie. Il peut nous rappeler son visage, son regard ou sa manière de sourire, mais il ne contient jamais toute son histoire. Il manque sa voix, ses gestes, ses pensées et tout ce qu’elle ne montrait pas forcément aux autres.

Le portrait nous invite aujourd’hui à reconnaître cette différence entre l’image que nous conservons de quelqu’un et l’être beaucoup plus complexe qui existait derrière elle.

Vibration énergétique du jour : La Réconciliation avec le réel

En ce 16ᵉ jour de la Lune des Profondeurs, la vibration symbolique que je retiens est celle de la reconnaissance. Non pas une obligation de pardonner ou d’oublier, mais la possibilité de regarder notre histoire sans avoir besoin de la rendre plus belle ou plus sombre qu’elle ne l’a été.

Cette journée nous invite à laisser une place aux souvenirs tels qu’ils viennent, avec leurs émotions parfois contradictoires.

Message du jour

Nous pouvons conserver de l’amour pour quelqu’un sans prétendre qu’il était parfait. Et nous pouvons reconnaître les blessures d’une relation sans effacer tous les moments heureux qui ont pu exister.

Rituel du jour

Si tu en as envie, repense à une personne disparue à travers un souvenir qui raconte quelque chose de sa personnalité. Une petite manie, une expression qu’elle répétait, une anecdote amusante ou un comportement qui la rendait immédiatement reconnaissable. Tu peux partager ce souvenir avec quelqu’un qui l’a connue, ou simplement le garder pour toi.

Mantra du jour

« J’accueille les souvenirs de mon histoire tels qu’ils sont, sans avoir besoin de les embellir ni de les effacer. »

Et toi, lorsque tu repenses à une personne qui n’est plus là, est-ce que ce sont surtout ses qualités qui te reviennent, ou aussi toutes ces petites imperfections qui faisaient qu’elle était justement elle-même ?

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