Éphéméride originelle
Pourquoi avons-nous tant de mal à dire « je ne sais pas » ?
20e jour du 4e mois originel

Vous est-il déjà arrivé de discuter avec quelqu’un qui vous explique quelque chose que vous ne comprenez absolument pas, mais de continuer à hocher la tête comme si tout était parfaitement clair ? La personne poursuit ses explications, utilise des mots que vous n’avez jamais entendus, et vous répondez tranquillement « oui, oui, je vois », alors qu’en réalité, vous ne voyez pas grand-chose.
Le plus drôle, c’est que nous pouvons ensuite repartir en ayant encore moins compris qu’au début, simplement parce que nous n’avons pas osé poser une question.
Je me demande pourquoi nous avons autant de mal à reconnaître que nous ne savons pas quelque chose. Nous pouvons parfaitement accepter de ne pas savoir jouer du piano, réparer une voiture ou parler japonais, mais dès qu’il s’agit d’une conversation, nous avons parfois l’impression que notre ignorance risque de nous faire passer pour quelqu’un de moins intelligent.
Et pourtant, nous ne pouvons évidemment pas tout connaître.
Cette drôle d’habitude de vouloir toujours avoir une réponse
Depuis l’enfance, nous apprenons à répondre aux questions. À l’école, une bonne réponse nous rapporte des points, tandis qu’une erreur peut nous faire perdre confiance. Progressivement, nous finissons parfois par associer le fait de savoir à notre propre valeur.
Cette habitude nous accompagne ensuite dans notre vie d’adulte. Nous exprimons des opinions sur des sujets que nous connaissons à peine, nous reprenons des informations sans toujours les vérifier et nous défendons parfois des idées simplement parce que nous les avons déjà affirmées devant les autres.
Il suffit d’observer certaines discussions sur les réseaux sociaux. Des personnes qui ne se connaissent pas peuvent passer des heures à défendre leurs certitudes, parfois sur des sujets que même les spécialistes continuent d’étudier.
Et je me dis que nous gagnerions probablement beaucoup de temps si nous acceptions plus souvent de reconnaître que nous n’avons pas toutes les réponses.
Mais il y a une différence entre ne pas savoir quelque chose et ne pas vouloir le découvrir.
Une personne qui reconnaît son ignorance conserve la possibilité d’apprendre. Celle qui se persuade de déjà tout connaître risque au contraire de ne plus écouter ce qui pourrait remettre ses idées en question.
Et si notre conscience était justement là pour découvrir ?
Avec cette Lune des Profondeurs, cette question prend une autre dimension.
Nous parlons souvent de l’éveil de la conscience comme s’il s’agissait d’atteindre progressivement un état dans lequel nous finirions par tout comprendre. Nous cherchons des réponses sur nos origines, notre incarnation, les dimensions de l’existence ou les raisons pour lesquelles nous traversons certaines expériences.
Mais je me demande si nous ne reproduisons pas parfois, dans notre recherche spirituelle, exactement le même besoin de certitude que dans notre quotidien.
Nous voulons savoir qui nous sommes, d’où nous venons, ce que nous devons accomplir et ce qui nous attend ensuite. Nous aimerions presque recevoir le mode d’emploi complet de notre incarnation, avec les bonnes réponses à la fin, histoire d’éviter quelques erreurs au passage.
Sauf que si nous connaissions déjà tout, que resterait-il réellement à découvrir ?
Dans la Vibrosophie originelle, nous abordons la conscience comme participant à la réalité qu’elle expérimente. L’incarnation peut alors être envisagée comme une manière d’explorer certaines possibilités depuis un point d’observation particulier.
Et ce point d’observation possède nécessairement ses limites.
Nous ne percevons qu’une partie de notre environnement, nous disposons d’une mémoire particulière et nous construisons notre compréhension à partir des informations auxquelles nous avons accès.
Cela ne signifie pas que toute croyance personnelle devient automatiquement une vérité. Au contraire, reconnaître les limites de notre perception devrait nous encourager à distinguer ce que nous savons, ce que nous supposons et ce que nous choisissons d’explorer.
L’univers ne nous a jamais demandé de tout comprendre
Il suffit de regarder l’histoire de l’astronomie pour constater à quel point notre représentation du cosmos a changé.
Pendant très longtemps, les humains ont observé les étoiles sans connaître leur véritable nature. Ils ont imaginé des formes dans le ciel, construit des calendriers et tenté de comprendre les mouvements des astres avec les moyens dont ils disposaient.
Puis de nouvelles observations ont transformé une partie de leurs certitudes.
Aujourd’hui, nous pouvons étudier des galaxies situées à des distances considérables, détecter des planètes autour d’autres étoiles et observer des phénomènes que nos ancêtres n’auraient même pas pu imaginer.
Et malgré cela, nous continuons à nous poser énormément de questions sur l’univers.
Je trouve assez rassurante cette idée que chaque découverte puisse ouvrir de nouvelles interrogations, plutôt que nous conduire vers un moment où il n’y aurait définitivement plus rien à apprendre.
Peut-être que notre rapport à la conscience pourrait fonctionner de la même manière.
Nous n’avons pas besoin de transformer chaque intuition en certitude, ni chaque expérience inhabituelle en explication cosmique. Nous pouvons reconnaître qu’une chose nous intrigue, chercher à mieux la comprendre et accepter qu’une partie de la réponse nous échappe encore.
Et cela n’enlève rien à la richesse de notre expérience.
Retrouver le plaisir de poser des questions
Je crois que les enfants possèdent encore naturellement cette liberté. Ils peuvent poser dix questions sur un sujet, puis enchaîner avec une onzième qui n’a absolument aucun rapport avec les précédentes. Ils ne cherchent pas toujours à montrer ce qu’ils savent. Ils veulent simplement comprendre ce qui attire leur attention.
En devenant adultes, nous avons parfois perdu cette spontanéité. Nous préférons donner l’impression de savoir plutôt que risquer de poser une question qui pourrait sembler naïve.
Mais peut-être que nous pourrions retrouver un peu de cette curiosité, sans avoir besoin de redevenir des enfants.
Après tout, reconnaître que nous ignorons quelque chose n’est pas une preuve de notre incapacité à comprendre. C’est simplement reconnaître qu’il reste encore quelque chose à découvrir.
Totem du jour : La Clé
Une clé permet d’ouvrir une porte, mais elle ne nous montre pas ce qui se trouve derrière. Nous pouvons connaître sa forme, comprendre comment elle fonctionne et pourtant ignorer complètement ce que nous allons découvrir une fois la serrure ouverte.
Elle symbolise aujourd’hui notre relation à la connaissance. Nous cherchons souvent des réponses comme si elles devaient refermer définitivement nos interrogations, alors qu’une réponse peut aussi nous donner accès à de nouvelles questions.
Vibration énergétique du jour : La Curiosité
En ce 20ᵉ jour de la Lune des Profondeurs, la vibration symbolique que je retiens est celle de l’ouverture à ce que nous ne connaissons pas encore. Après avoir exploré nos perceptions, nos mémoires et les différentes manières dont nous interprétons la réalité, nous pouvons aussi reconnaître que notre compréhension continue d’évoluer.
Cette journée nous invite à ne pas confondre la confiance en nous avec l’obligation de toujours avoir raison.
Message du jour
Nous pouvons posséder des connaissances, des convictions et une expérience personnelle tout en acceptant que certaines questions restent ouvertes. Ce que nous ignorons aujourd’hui peut aussi devenir ce que nous aurons plaisir à découvrir demain.
Rituel du jour
Aujourd’hui, si quelqu’un aborde un sujet que tu ne connais pas, essaie simplement de poser une question plutôt que de faire semblant de comprendre. Et si tu rencontres une information qui remet en question une de tes certitudes, prends le temps de l’examiner avant de la rejeter ou de l’accepter.
Mantra du jour
« Je n’ai pas besoin de tout savoir pour avancer. Je reste libre d’apprendre, de découvrir et de changer ma manière de comprendre les choses. »
Et toi, est-ce que tu arrives facilement à dire « je ne sais pas », ou fais-tu parfois partie de ceux qui hochent la tête en espérant que personne ne leur demande de réexpliquer ce qu’ils viennent d’entendre ?
Transmission
Partager cette transmission
Cette publication vous a parlé ? Vous pouvez la transmettre à votre tour.

Commentaires (0)
Aucun commentaire pour le moment.
Connectez-vous pour participer aux commentaires.