Lecture d’actualité

17 OCTOBRE 2026 — ET SI CETTE JOURNÉE NOUS MONTRAIT QUELQUE CHOSE DE BIEN PLUS PROFOND QU’UNE SIMPLE COLÈRE SOCIALE ?

Une réflexion sur la colère sociale, les mémoires collectives et notre capacité à transformer ce qui nous divise en une autre manière de vivre ensemble.

Carte d’oracle illustrée d’une figure drapée de bleu, blanc et rouge devant une foule et l’Arc de Triomphe, posée dans un décor automnal au coucher du soleil.

Ce samedi 17 octobre 2026, la France a traversé une journée particulièrement mouvementée. Des centaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues, des colères se sont exprimées, des affrontements ont éclaté et certaines images ont donné le sentiment d’un pays arrivé à un point de tension extrêmement important.

Mais je voudrais aborder cette journée sous un autre angle. Non pas simplement politique, économique ou social, mais à travers ce qu’elle peut nous apprendre sur la conscience collective, les mécanismes de notre société et notre manière de participer à la réalité que nous vivons.

Car je trouve qu’il existe une grosse différence entre observer ce qui se passe et comprendre ce que ces événements viennent révéler de nous.

UNE DATE QUI RÉUNIT PLUSIEURS MÉMOIRES

Il y a quelque chose d’assez saisissant dans le fait que cette mobilisation se soit déroulée un 17 octobre.

Cette date correspond à la Journée mondiale du refus de la misère, créée pour rappeler que la dignité humaine ne devrait jamais dépendre de la situation économique d’un individu. Elle marque également, en France, la mémoire du 17 octobre 1961, lorsque des Algériens manifestant à Paris furent victimes d’une répression meurtrière.

Soixante-cinq ans plus tard, une nouvelle mobilisation vient donc s’inscrire dans une journée déjà profondément associée à la dignité, aux injustices sociales et à la relation entre les populations et les institutions.

Je ne prétends pas qu’une force invisible aurait programmé cette convergence. Mais je pense qu’elle mérite que nous nous interrogions sur la manière dont certaines dates peuvent devenir des supports de mémoire collective.

Dans une lecture akashique de la réalité, le passé ne se résume pas à une succession d’événements définitivement disparus. Il constitue aussi un ensemble d’expériences, de représentations et de mémoires que les consciences continuent d’entretenir et de réinterpréter.

Et lorsque des milliers de personnes se rassemblent autour d’une même frustration, elles ne partagent pas nécessairement les mêmes idées, mais elles peuvent se reconnaître dans un sentiment commun.

Celui de ne plus être entendues.

CE QUI SE JOUE DERRIÈRE LA COLÈRE

Depuis des années, nous assistons à une accumulation de tensions. Difficultés financières, sentiment d’injustice, perte de confiance envers les institutions, inquiétudes pour l’avenir des enfants, impression de travailler toujours davantage sans parvenir à vivre sereinement.

Tout cela ne se construit pas en une journée.

La colère qui apparaît dans la rue possède généralement une histoire bien plus longue que la manifestation qui la rend visible.

Et je crois que c’est précisément ce que nous oublions lorsque nous regardons uniquement les images les plus spectaculaires.

Nous voyons des vitrines brisées, des incendies, des affrontements, des policiers et des manifestants opposés les uns aux autres. Nous réagissons, nous prenons position, nous condamnons ou nous justifions. Pourtant, derrière ces images, il existe aussi des centaines de milliers d’existences ordinaires et des préoccupations bien réelles.

Cela ne signifie évidemment pas que toute violence devient acceptable parce qu’une souffrance existe. Détruire le commerce d’une personne ou mettre la vie d’autrui en danger ne résout pas les injustices que l’on souhaite dénoncer.

Mais nous pouvons condamner les destructions sans effacer les raisons qui ont conduit autant de personnes à manifester.

Et nous pouvons reconnaître les souffrances sociales sans transformer automatiquement tous ceux qui représentent les institutions en ennemis.

LE PIÈGE DE LA CONSCIENCE COLLECTIVE

Il existe un phénomène que je trouve particulièrement intéressant dans le fonctionnement humain : notre capacité à nous identifier à un groupe au point de commencer à percevoir le monde principalement à travers son regard.

Lorsqu’une société traverse une période de tension, cette identification devient souvent plus intense.

Nous ne voyons plus simplement des individus confrontés à des circonstances différentes. Nous voyons des camps.

Les manifestants contre les policiers. Les citoyens contre les dirigeants. Les riches contre les pauvres. Ceux qui seraient éveillés contre ceux qui ne le seraient pas.

Et progressivement, la complexité de la réalité disparaît derrière des oppositions beaucoup plus faciles à comprendre.

C’est ici que la notion de matrice collective prend tout son intérêt.

Pour moi, une matrice n’est pas seulement un système extérieur qui imposerait ses règles. Elle existe aussi dans les habitudes de perception que nous reproduisons collectivement, parfois sans même nous en apercevoir.

À partir du moment où nous acceptons que notre seul choix consiste à appartenir à l’un des camps qui nous sont présentés, nous limitons considérablement notre capacité à imaginer autre chose.

Nous pouvons alors consacrer toute notre énergie à combattre une organisation du monde tout en continuant à reproduire certains de ses mécanismes : la peur, la domination, l’humiliation ou le besoin de désigner un adversaire.

C’est peut-être l’un des enseignements les plus intéressants de cette journée.

Il ne suffit pas de vouloir changer le système. Encore faut-il comprendre ce que nous continuons à faire vivre à travers nos propres comportements.

LE 17 OCTOBRE N’ÉTAIT PAS UN PORTAIL MAGIQUE

Je sais que lorsqu’une date particulière circule sur les réseaux, nous pouvons rapidement voir apparaître toutes sortes d’interprétations : activation énergétique, basculement vibratoire, changement de ligne temporelle, ouverture d’un portail ou annonce d’une transformation planétaire.

Mais je crois que nous devons être attentifs à ne pas remplacer une explication simpliste par une autre.

Aucune date ne nous dispense de notre responsabilité individuelle.

Si nous considérons la réalité comme une expérience dans laquelle la conscience joue un rôle fondamental, alors une transformation collective ne peut pas dépendre uniquement d’un événement extérieur.

Elle dépend aussi de ce que chacun choisit de nourrir dans sa propre existence.

Nous pouvons passer une journée entière à dénoncer la peur tout en la diffusant constamment autour de nous. Nous pouvons réclamer un monde plus humain sans accorder beaucoup d’attention aux personnes qui partagent notre quotidien. Nous pouvons souhaiter une société plus libre tout en cherchant à imposer nos convictions à ceux qui pensent différemment.

Et c’est précisément là que commence, à mes yeux, le véritable travail de conscience.

Non pas attendre qu’une fréquence extérieure vienne transformer l’humanité, mais examiner la manière dont nous participons personnellement au monde que nous souhaitons voir évoluer.

CE QUE CETTE JOURNÉE PEUT NOUS APPRENDRE

Je ne sais pas ce que deviendra le mouvement né de cette mobilisation. Personne ne peut sérieusement affirmer aujourd’hui qu’il entraînera nécessairement un effondrement du système, une révolution ou une transformation durable de notre société.

Mais nous pouvons déjà observer quelque chose.

Un nombre considérable de personnes ne se reconnaît plus dans certaines conditions de vie qui lui sont proposées. Les générations se rencontrent autour de préoccupations communes. Des revendications différentes cherchent à se rejoindre, même si cette convergence reste difficile et traversée de contradictions.

Pour autant, ressentir collectivement qu’une situation ne convient plus ne signifie pas encore savoir construire autre chose.

C’est toute la différence entre la rupture et la transformation.

La rupture consiste à refuser ce qui existe. La transformation demande d’imaginer, de construire et surtout d’incarner une réalité différente.

Et cette seconde étape est beaucoup moins spectaculaire.

Elle ne produit pas nécessairement d’images impressionnantes. Elle se manifeste dans notre manière de consommer, de travailler, d’éduquer, de partager, de prendre soin les uns des autres, de participer à la vie locale et de refuser certaines formes de violence ou d’injustice dans notre environnement immédiat.

Elle demande également de reconnaître que nous n’avons pas tous les mêmes besoins, les mêmes expériences ni la même manière d’envisager l’avenir.

ET SI LE VÉRITABLE CHANGEMENT COMMENÇAIT AUTREMENT ?

Au fond, ce qui me frappe dans cette journée du 17 octobre 2026, ce n’est pas seulement l’intensité de la colère exprimée.

C’est le contraste entre ce que tant de personnes souhaitent profondément — davantage de dignité, de sécurité, de liberté et de reconnaissance — et la violence qui peut parfois accompagner l’expression de ces aspirations.

Comme si nous cherchions collectivement à sortir d’un fonctionnement qui nous épuise, sans avoir encore complètement appris à ne plus reproduire ce qui le caractérise.

Je ne pense pas que l’évolution de la conscience humaine se mesure au nombre de personnes descendues dans la rue, pas plus qu’elle ne se mesure au nombre de personnes méditant simultanément pour la paix.

Elle se reconnaît peut-être davantage à notre capacité à agir sans perdre notre humanité, à défendre nos besoins sans nier ceux des autres et à construire des relations qui ne reposent plus systématiquement sur la peur ou les rapports de force.

Alors, quelle est la véritable nature de cette journée du 17 octobre ?

Je la vois comme un révélateur.

Un révélateur de tensions anciennes, de besoins insatisfaits, de mémoires collectives et de contradictions que notre société ne peut plus simplement ignorer.

Mais également une occasion de nous demander ce que nous voulons réellement faire de cette prise de conscience.

Car une société ne devient pas nécessairement plus consciente parce qu’elle traverse une crise. Elle peut aussi se refermer davantage sur ses peurs et ses divisions.

Tout dépend de ce que ses membres décident ensuite d’en faire.

Et finalement, la question la plus importante n’est peut-être pas de savoir si le 17 octobre 2026 a marqué le début d’un grand basculement collectif.

Elle est de savoir si nous sommes capables de transformer ce que cette journée a rendu visible en quelque chose de véritablement différent.

Parce que sortir de la matrice ne consiste pas simplement à renverser ce qui nous entoure. Cela commence aussi lorsque nous cessons de reproduire, dans notre propre manière de vivre, ce dont nous souhaitons nous libérer.

Stéphane Thomas Berbudeau

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